Géographies urbaines – Présentation

Questionner l’espace, c’est se mettre à voir ce qu’on ne voit plus. Que ce soit l’habitat ou la ville, nos habitudes nous empêchent d’être attentifs aux limites et aux transformations pourtant incessantes. Les trajets entre l’école et la maison, les trajets à l’intérieur de l’école, à l’intérieur de la maison ou même à l’intérieur de la ville, sont si habituels qu’on n’y prend plus garde. Ainsi la plupart de nos déplacements se font sans rien voir, rien entendre de nouveau. Souvent d’ailleurs, seules les destinations comptent. Les passages, les lieux qu’on traverse ne sont pas habités.

Dans les classes, avec les groupes d’enfants et d’ados, nous avons fait des recherches pour tenter de réfléchir à ce qu’il y avait autour de nous, notre environnement : penser à partir des géographies urbaines.

  • En matière d’urbanisme et d’architecture, qu’est-ce qui se joue dans les villes et dans les campagnes ? Est-ce différent ?
  • Quels rapports les villes et les campagnes entretiennent-elles avec la nature ?
  • Quand et comment les villes se sont construites ? Que nous apprennent les time-lapses des villes ?
  • Comment les villes se sont-elles étendues avec leurs spectaculaires tentacules verticales et horizontales ?
  • Comment les villes se sont-elles développées, en favorisant l’entassement ou le déploiement ?
  • À quoi ces aménagements de territoire ressemblent-ils vus d’en haut ?

À voir et à écouter : Penser la ville

Voyager dans les plans des villes. Penser les lieux et les non lieux.

Avec les réflexions issues de ces questions, nous avons arrêté notre attention et pris garde à ce qui fait centre, à la circulation, aux flux, au vide et au plein, à l’occupation des territoires, aux symboles et aux histoires qui font patrimoine, aux tracés des cartes, des plans des villes.

  • Et si on voyait la ville comme un corps ?
  • Et si je pouvais voir ma ville du ciel représentée comme un labyrinthe ?
  • Comment les formes et les compositions tracées des plans agissent-elles sur moi quand je suis dedans ?
  • Ces lieux où l’on passe, qu’on traverse sans attention, pourraient-ils se transformer et être vus, pensés comme des lieux de vie, de travail, de loisir…?
  • Habituellement, on pense plutôt le couloir comme un lieu de passage pas important – une sorte d’« entre-lieu », voire d’« anti-lieu » – et la classe comme un lieu de séjour. Et si nous explorons l’inverse : quelles sont les possibilités de séjour dans le couloir ? Peut-on considérer la classe comme un lieu de passage ? Y a-t-il des endroits où on ne peut pas s’arrêter ? Est-ce que ça en fait des « non lieux » ?

Voir la galerie « Tamponner pour transformer, pour faire voyager »

Voir la galerie « Lieu et non lieu » et penser à l’envers la notion de « lieu »

Voir, c’est toujours être situé, avoir un point de vue particulier sur le monde

Jazzberry Blue

Prendre conscience des plans des villes par le dessin de leur morphologie, c’est changer de point de vue sur les villes : par exemple, voir d’en haut permet de voir la totalité, mais aussi éprouver la nécessité de recomposer ce que l’on voit pour mieux le reconnaître. À vol d’oiseau, en contre-plongée ou encore en zoomant sur un détail, on comprend la ville autrement. On y voit le geste de planification d’aménagement de territoire ou au contraire l’émergence de forme spontanée.

Nos ateliers philo ont permis de comprendre les enjeux de différents points de vue. Nous avons expérimenté différents points de vue grâce à la discussion, mais aussi graphiquement, en nous inspirant de Geneviève Casterman :

  • En quoi la vue d’en haut d’une ville permet-elle un changement de point de vue sur cette ville ? L’avez-vous déjà expérimenté ?
  • Avez-vous des exemples de la vue en « plongée », en « contre-plongée », « décadrée » ? Qu’est-ce que cela change ? Que voit-on autrement ?
  • Imaginons que quelqu’un n’ait jamais vu autre chose que l’espace restreint dans lequel il évolue au quotidien : quelles différences de point de vue sur le monde, sur les autres, etc. aura-t-il par rapport à quelqu’un qui a beaucoup voyagé ?

Voir la galerie de dessins des enfants de 8-10 ans sur les points de vue

Voir les livres animés avec des recherches graphiques sur les points de vue :

« Être riche, c’est posséder l’espace »

« La nuit des lumières »

« La ville bizarre »

Visiter une ville : Liège

Dessin fait par Sara en cours de visite

Un certain nombre d’enfants inscrits dans notre projet « Vous êtes ici » en cette année scolaire 2019-2020 habitaient dans la ville de Liège ou aux alentours. Quoi de plus normal que de tester nos réflexions sur la ville en les mettant à l’épreuve de la confrontation : le 16 décembre, nous descendions dans les rues de Liège !

Nous avons choisi pour penser la ville de Liège, de nous la rendre consciente par le procédé du reportage : certains enfants avaient des missions. Qu’ils soient photographe, preneur de son, scribe ou dessinateur, les reporters devaient rapporter des faits qu’ils avaient sélectionnés au cours de leur visite. Tous les autres enfants étaient invités à dessiner la ville pour l’appréhender en changeant de point de vue physique. Nous avions également prévu de nous entendre raconter Liège par des guides professionnels en marchant.

Voir et écouter « Visiter Liège »

Voir deux carnets de reportage de la visite :

Le carnet de Lucie

Le carnet d’Odile

Découvrir deux histoires fictives à Liège :

Une histoire de visite, par Ender

Un monstre à Liège, par Tristan

Lire « Le regard d’Audrey », institutrice, qui nous faire part de son expérience

Remerciements

Nous tenons à remercier les instituteurs de la 3ᵉ maternelle à la 6ᵉ année primaire de toutes les écoles participantes au projet et les directions d’école qui ont permis d’organiser des ateliers philo dans les classes.

Merci aux enfants de chaque atelier pour leur curiosité, leur confiance et leur volonté de traduire leur réflexion avec nous, de toutes les manières possibles !

Nos remerciements vont évidemment aux professionnels du guidage de la ville de Liège, Messieurs André Pirson et Servais Grailet et aux professeurs qui ont accompagné avec joie et curiosité les enfants dans cette aventure.

Un merci tout spécial à Sara, la maman de Benoît qui a partagé ses talents de dessinatrice avec nous.

Et encore un grand merci à tous nos reporters :

Le preneur de son : Nathan

Les scribes : Odile et Lucie

Les photographes : Benoît, Thelma et Noa

ainsi que tous les enfants dessinateurs qui ont réalisé un admirable travail pour « croquer » Liège sous la pluie !